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> A toi l'artiste si discret - La dépêche de Kabylie 06.11.2006
Rafik, l’ami, le compagnon discret. L’artiste si fragile qui savait distinguer dans la simplicité des choses leur grandeur.
Ta modestie n’a d’égal que ta disponibilité à rendre service aux autres. Grand diseur tu ne l’étais point, grand faiseur tu le reste. Ton parcours est une suite de mélodies dédiées à toutes celles et à tous ceux qui savent aimer, c’est-à-dire vivre. La première est un bouquet de rêves intitulés “Lybica”. “Lybica” c’est ton histoire, la nôtre, la seconde, “Taghiwant-Infos” est notre refus d’être “exilés du présent”, juste après “Macahu des enfants racontent”, marque notre acharnement à ne pas être “déboutés de l’avenir”.Ton clavier tissait des bijoux, les bijoux tissaient l’amour pour nos cœurs. L’amour que l’on porte pour son prochain, son village, sa région, son pays. L’amour qui se suffit à lui-même.Tu as mis la machine au service du premier journal municipal de l’Algérie indépendante et du premier recueil d’histoires imaginé, écrites et illustrées par nos “plumes en herbe”. Ainsi tu as su mettre l’instrument moderne au service de notre culture ancestrale.
Rafik, il nous est douloureux et la douleur est intense de parler de toi au passé, toi qui avait le regard tourné vers l’avenir.
Tu nous manques déjà terriblement, tu manques à l’Assemblée populaire communale, tu manques à Taghiwant-Infos, tu manques à toute la population d’Ath Yanni, en un mot tu manques aux tiens. Cependant, nous nous interdisons de livrer ton souvenir au désespoir car tu nous a appris à faire de la vie un “hymne à l’espoir”. Nous voilà aujourd’hui, tristes de t’avoir perdu, fiers de t’avoir connu, recueillis sur la colline qui t’a vu naître et grandir, qui a vu naître et disparaître tant de poètes dans l’âme.
Rafik, merci de nous avoir appris à vivre humblement et dignement, merci de nous montrer de quoi sont capables “les fleurons de l’Algérie”, merci de nous avoir appris à aimer, tout simplement. Repose en paix, l’artiste si discret, l’Algérie profonde saura faire de ton rêve et de celui de tes semblables l’instrument de sa libération.
B.T.
> Par Rafik pour Rafik - Le soir d'Algérie 13.12.2006
Reconnu comme étant le maestro dont la baguette faisait danser la farandole aux “Fluttes enchantées” qui portaient les chants ancestraux de Naldjouher Oukaci au Zénith de la modernité, Rafik sera honoré les jeudi et vendredi 14 et 15 décembre 2006 par les siens, les humbles parmi les humbles.
Les parents, les proches, les amis, les élus, les représentants du mouvement associatif et des comités de villages, en un mot, celles et ceux qui l’on connu de près ou de loin sont là.
Ils s’apprêtent à exécuter la symphonie de l’espoir écrite par “le pianiste” dont le clavier offrait des rêves à tous les enfants de sept à 77 ans. Cette commémoration débutera le jeudi à 10 h par une exposition des travaux et des contributions de Rafik dans la commune.
Dans l’après-midi, est attendu l’arrivée de la “fiancée du soir” qui sera honorée de recevoir le baptême de celui qui fut l’artisan de la médiathèque à l’espace culturel Mouloud Mammeri.
Cette journée sera clôturée par des témoignages sur le parcours du défunt en présence de sa famille, de ses proches et de ses amis.
Pour le lendemain à 09h00, les siens se recueilleront sur sa tombe et déposeront une gerbe de fleurs.
Ainsi les collinois, les poètes dans l’âme les fleurs argentées les plumes en herbe, tous se retrouveront pour fêter les noces de l’arbre béni, symbole de la paix à la mémoire de celui dont la touche nous a ouvert une fenêtre sur le multimédias, nous a permis de défricher le chemin du journalisme municipal, et nous a offert la possibilité d’ouvrir des voies à des artistes naissants.
Dans une lettre à l’absent dédiée à Rafik, Boughareb Makhlouf dit, à juste titre “Ton courage et ta persévérance ont vaincu tout pessimisme et en on fait des émules. Tu savais toujours garder un calme imperturbable là où beaucoup d’entre nous ont paniqué ou cédé à la pression et à la colère. Combien d’écueils as-tu surmonté sans jamais t’enorgueillir ni baisser les bras.
Ainsi, tous ceux qui ont connu l’homme en lui et l’artiste à travers son œuvre, se tiennent déterminés à porter son rêve, celui de tous les esprits épris d’amour et de liberté à bras le corps.
Car comme disait d’Almouloud “Yella Wemdan yella ulac-il, yella wemdan ulac-it yella”.
Au tierce d’internet ton souvenir nous accompagnera toujours, repose en paix compagnon.
B.T.
> L'hommage à l'absent - Le soir d'Algérie 14.12.2006
Particulièrement riche l’été dernier en manifestations d’envergure nationale, voire plus comme cela a été le cas avec le festival international des Racont’arts, la vie culturelle chez les Ath Yenni a connu, depuis, une accalmie pour laisser place nette à la rituelle et insupportable grisaille que les jeunes et moins jeunes de cette contrée tentent de combattre vaille que vaille.
Une tristesse qui a pris une plus grande proportion il y a quelques semaines avec la disparition de l’une des figures de proue du mouvement associatif et de tout ce qui a trait à l’éveil culturel et scientifique à Beni-Yenni. Pour rompre avec la tristesse ambiante, ses amis, le collectif des associations locales, la municipalité et les comités de village de cette contrée oubliée durant la majeure partie de l’année ont pris l’initiative de rendre un hommage très particulier, ce week-end, à Rafik Boughareb, un de ces jeunes, comme il n’en existe plus beaucoup malheureusement, qui s’est illustré dans la vie culturelle et associative des Ath Yenni en étant de toutes les bonnes idées pour faire sortir autant que faire se peut ses concitoyens de la torpeur dans laquelle ils sont, malgré eux, plongés, continuellement. Rafik, celui dont son oncle Makhlouf, à travers une lettre à l’absent, dit : “Il était l’ennemi juré de l’ignorance, mais qui jamais ne s’autorisait à mépriser l’ignorant.” Tous à Ath Yenni ne lui vouaient que respect et admiration tant à juste trente-quatre ans, ses hauts faits étaient marquants dans la vie culturelle à Beni Yenni jusqu’à sa subite disparition, il y a quarante jours. Ainsi, venusde partout pur l’accompagner à sa dernière demeure, ils se retrouveront ce jeudi pour, entre autres manifestations dédiées à son hommage, prendre part à l’ouverture d’une exposition de la multitude de ses travaux et contributions au profit de sa communauté, puis, dans l’après-midi, assister au baptême de son nom de la médiathèque intégrée dans l’espace culturel Mouloud-Mammeri, son illustre source d’inspiration comme beaucoup de jeunes et de moins jeunes de la Kabylie profonde et d’ailleurs. Vendredi sera consacré à un recueillement et le dépôt d’une gerbe de fleurs sur la tombe de celui qui a “ouvert la première fenêtre sur le monde merveilleux de l’internet” chez les Ath Yenni, pour paraphraser son oncle éploré.
Azedine Maktour
> Poème du Dr. Djafar MESSAOUDI
Montage vidéo : M. Mohamed TABECHE
Musique : Vangelis - Conquest of paradise.
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> Baptême de la Médiathèque à l’Espace Culturel Mouloud MAMMERI
> Pour toujours
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